Corinne Vera
Psychothérapie à Avignon
 
 

Un divan en Provence ©® "un cabinet de psychanalyse à ciel ouvert, une psychothérapie en mouvement pour les groupes et les individuels"

L'espace, un lieu de rencontre

 

I

 

 

"Il meurt lentement celui qui ne voyage pas,

celui qui ne lit pas,

celui qui n’écoute pas de musique,

celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.

Il meurt lentement celui qui détruit son amour-propre, celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement celui qui devient esclave de l’habitude refaisant tous les jours les mêmes chemins, celui qui ne change jamais de repère,

Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements. Ou qui ne parle jamais à un inconnu.

Il meurt lentement celui qui évite la passion et son tourbillon d’émotions celles qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap lorsqu’il est malheureux au travail ou en amour,

celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves, celui qui,

pas une seule fois dans sa vie, n’a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!

Risque-toi aujourd’hui! Agis tout de suite!

Ne te laisse pas mourir lentement!

Ne te prive pas d’être heureux!"

Pablo Néruda

 

 « À la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos parents.

Et on croit qu’ils voyageront toujours avec nous.

Pourtant, à une station, nos parents descendront du train, nous laissant seuls continuer le voyage…

Au fur et à mesure que le temps passe, d’autres personnes montent dans le train.

Et elles seront importantes : notre fratrie, nos amis, nos enfants, même l’amour de notre vie.

Beaucoup démissionneront (même éventuellement l’amour de notre vie), et laisseront un vide plus ou moins grand.

D’autres seront si discrets qu’on ne réalisera pas qu’ils ont quitté leurs sièges.

Ce voyage en train sera plein de joies, de peines, d’attentes, de bonjours, d’aurevoirs et d’adieux.

Le succès est d’avoir de bonnes relations avec tous les passagers pourvu qu’on donne le meilleur de nous-mêmes.

On ne sait pas à quelle station nous descendrons, donc vivons heureux, aimons et pardonnons.

Il est important de le faire car lorsque nous descendrons du train, nous ne devrons laisser que de beaux souvenirs à ceux qui continueront leur voyage.

Soyons heureux avec ce que nous avons et remercions le ciel de ce voyage fantastique.

Aussi, merci d’être un des passagers de mon train.

Et si je dois descendre à la prochaine station, je suis content d’avoir fait un bout de chemin avec vous.

Je veux dire à chaque personne qui lira ce texte que je vous remercie d’être dans ma vie et de voyager dans mon train. »

Le train de la vie – Jean d’Ormesson Extrait du livre L’Enfant qui attendait un train, Broché, 2009

Corinne  Vera , psychothérapie à Avignon

Clinique de l'espace

Pulsion scopique, pulsion viatorique, deux pulsions au service du rêve et de l'imaginaire

 

"Il y a des rêves

de paysages ou de localités qui

sont accompagnées de la certitude exprimée

dans le rêve même : "j'ai déjà été là"

Freud en Italie, Psychanalyse du voyage

A. et G. Haddad page 57, Hachette Littérature

 

L'émotion esthétique, chamboulement biochimique du dehors au dedans

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Cette émotion esthétique doit non seulement faciliter l'angoissant pas ultime qui est celui de l'abolition du sujet, de sa chute profonde (et transitoire) dans la déréliction et le désêtre".  

(Freud en Italie, Psychanalyse du voyage A. et G. Haddad page 54 Hachette Littérature).

 

 

Le voyage conjugue quête du grand Autre à l'émotion esthétique.  Cette émotion s'éprouve dans le corps, le plaisir ressent pouvant même aller jusqu'à des troubles tels des malaises, des bouffées de chaleur et autres manifestations corporelles. C'est la même chose avec le coup de foudre où le contact oculaire procure un chamboulement biochimique, du à l'augmentation de l'ocytocine et de la dopamine.

La rencontre se fait donc par un trouble dont la source est extérieure et qui transperce l'enveloppe corporelle pour venir remplir. Cette expérience sensitive est à relier aux moments constitutifs de l'être humain et plus spécifiquement aux premiers éprouvés de la petite enfance où le bébé fixe le regard de sa mère laquelle lui renvoie un miroir de sa propre image qui est en train de se constituer.

 

 

 

 

 

 


 

 

"L’harmonie de l’image dans le miroir s’oppose à la fureur de ses pulsions"

J.-D. Nasio, Mon corps et ses images

 

  NON !! 


C'est à 18 mois que le bébé se reconnaîtra dans son image, qu'il se verra dans la possibilité d'être "Je" dans un processus d'individuation. Puisqu'il est donc une personne, il pourra alors expérimenter le stade suivant, celui du "Non!" L'expérience du miroir peut être traumatique quand l'image renvoyé de soi n'est pas sécurisante.

Si la mère n'est pas "suffisamment bonne", il n'aura pas la capacité de pouvoir être seul et sera dépendant des objets avec lesquels il entretiendra une relation de dépendance existentielle. On peut évoquer l'angoisse de morcellement psychotique comme exemple.

Le voyage suppose l'expérimentation de cette fracture entre soi et l'extérieur. 

La pulsion viatorique, venant du pied comme point de contact avec la terre - mère permet, avec la marche de mettre en mouvement cette pulsion qui cherche à s'apaiser d'un état d'excitation.

Toucher le sol, ne plus le sentir, le retrouver de nouveau est un mouvement que l'on peut rapprocher du For Da, l'absence en la présence de la mère, l'objet devenant permanent dans le symbolique. Si l'objet est toujours là, on peut s'éloigner sans risquer d'être anéanti.

La marche est de plus un processus répétitif, mélangeant régression (retour en arrière, retour à la terre) et défusion par ce pas qui s'élève. En ce sens la marche est toujours assurée. Un pied sécure tient l'autre pour qu'il puisse s'élever, tenu loin de la terre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"La pulsion viatorique (...) permet au sujet d'habiter et de se mouvoir sans s'égarer dans l'infini de cet espace".

Freud en Italie, Psychanalyse du voyage A. et G. Haddad page 28 Hachette Littérature

 

L'Autre

 

C'est dans le signifiant, le symbolique, que l'enfant peut enfin quitter sa mère, sans risque pour l'enfant de quitter ce corps maternel.

Ce grand Autre, qui n'est pas soi, barre le corps de la mère en se posant comme tiers séparateur face à la possibilité de la mère toute puissante et participant de ce fait au destin psychotique pour l'enfant.

 

 

 

 

 

 

"Ça parle dans l'Autre... "

J. Lacan, La signification du phallus  1958, in Ecrits

 

  Inquiétante étrangeté

 

Le voyageur éprouve dans son périple à la fois du morcellement et le sentiment d'unité dans une image unifiante entre l'extérieur et l'intérieur.

Le voyage est l'expérimentation de cette inquiétante étrangeté inversée. L'inquiétante étrangeté est en psychanalyse ce sentiment d'étrange dans le familier, ces éléments du refoulé faisant retour. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« L’inquiétante étrangeté surgit quand quelque chose

s’offre à nous comme réel. »

Freud, L'inquiétant familier

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 "Dans Totem et Tabou (1913) mais déjà à l'état de prémisse dès 1907 (Le créateur littéraire et  la fantaisie) et en 1911 (Formulation sur le cours du fonctionnement psychique) S.Freud soutient l'idée qu, les processus psychiques  étant insaisissables directement, au sens propre d'"immédiatement", ils doivent être "projetés" et "matérialisés"  dans les processus et objets du monde extérieur pour recevoir une forme appréhendable. (...). Ainsi les processus psychiques ont-ils besoin d'être "matérialisés" au moins transitoirement dans des formes perceptives, pour recevoir une forme de représentation psychique, une forme d'auto-représentation. (...), un processus où un mouvement psychique est "halluciné" dans l'objet matériel, où hallucination et perception se mêlent et s'intriquent pour donner naissance à une nouvelle catégorie d'objets "symboliques", "signifiants". L'hallucination donne sa "valeur psychique" à l'objet, la perception lui donne sa forme appréhendable, potentiellement transformable par la motricité. Cette perspective sera particulièrement développée ensuite par l'ensemble des conceptions de Winnicott, qui précisera le statut "intermédiaire" et "transitionnel" des objets ainsi produits : ils appartiennent autant au "monde du dehors" qu'au "monde du-dedans, ils reposent sur la suspension de l'opposition haluucination/perception, de l'opposition dedans/dehors, de l'opposition moi/no-moi. Ainsi les objets "matériels" et l'attachement que le sujet peut leur adresser reflètent-ils aussi bien les potentialités psychiques du sujet, que le fait que celles-ci n'ont pas encore reçu de statut psychique dématérialisé et proprement représentatif. Les objets matériels en question sont les représentants-matériels, les signifiants-matérialisés, des processus qui n'ont pas encore de lieu intrapsychique convenable qui n'ont pas encore eu lieu bien qu'ils soient pressentis ou préconçus dans la psyché"."

(R.Roussillon, Le transitionnel, le sexuel et la réflexivité, Dunod 2008, p.39)

 

Réalisation & référencement Simplébo   |   Ce site a été créé grâce à Psychologue.fr

Connexion

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'installation et l'utilisation de cookies sur votre poste, notamment à des fins d'analyse d'audience, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée.